Bertrand Cantat :
"C'est la ville de nos débuts, des instants fabuleux. Entre 1981 et 1984, c'était vraiment extraordinaire de vivre à Bordeaux, ça jouait partout, il y avait de l'énergie dans toute la ville, tu pensais que tout était possible. On reste attaché à un endroit qui t'as permis de vivre dans années comme ça. Nous n'y habitons plus depuis quelque temps. Serge et moi partagons notre temps entre Paris et Bordeaux ou les Landes, moi je suis souvent en vadrouille dans les pays de l'Est, en Mongolie, en Chine, au Tibet ou au mexique alors ...
Est-ce que venir de Bordeaux n'est pas aujourd'hui une sorte de label qualité pour un nouveau groupe ?
Denis Barthe :
Quand on a commencé, il y avait même plus de 600 groupes qui étaient recensés, c'etait une ville rock à l'image pure et dure. Il y avait un gros degré d'exigence. Quand tu étais invité à faire la première partie de Strychnini (comme nous à notre troisième concert), tu avais la pression parce que tu n'avais pas trop le droit de te planter. Donc, je serais tenté de dire que la ville n'a pas eu besoin de nous pour batir sa réputation. En même temps, il est indéniable que nous avons longtemps revendiqué notre appartenance à la ville et que notre "succès" a pu amener les Parisiens à considérer Bordeaux autrement. Mais aujourd'hui, que tu viennes de Bordeaux, Toulouse, Nantes ou Montluçon n'a plus beaucoup d'importance. Tu es bon ou pas.